Pas de relaxe pour Monsieur Rolex
By Ze White Rabbit | mai 26th, 2010 | Category: Actualité | No Comments »Le 26 avril, journée mondiale de la propriété intellectuelle, les autorités fédérales de Philadelphia ont mis en scène la destruction par rouleau compresseur de près de 7000 contrefaçons de montres Rolex, comme point culminant d’un projet de lutte contre la contrefaçon mis en place depuis 20 ans et soutenu par un budget de plusieurs millions de dollars.
Les 7000 produits utilisés provenaient tous d’une saisie chez Binh Cam Tran, qui purge actuellement une peine de 6 ans dans une prison fédérale.
Avant de mettre le doigt dans l’engrenage de la contrefaçon, Monsieur Tran était un paisible horloger étatsunien d’origine vietnamienne. Il travaillait alors dans le quartier Jewelers Row à Sansom street à Philadelphia lorsqu’il commença à fabriquer les montres à domicile. Passant d’une habitation plus cossue à une autre au Nord de Philadelphia, il s’installa à Elkins Park, où il possédait une flotte de voitures Lexus. Il était alors l’un des plus grands fabricants de contrefaçons Rolex aux USA, connu sous le nom de « Monsieur Rolex » àCanal Street à New York, la Mecque de la contrefaçon aux USA.
M. Tran sortait rarement de sa maison, où chaque pièce était exploitée pour la fabrication ou le stockage des montres avec l’aide de parents et d’amis. Les finances de l’entrepreneur peu scrupuleux lui permirent d’acheter une usine à Hong Kong pour fabriquer les composants avec la marque déposée Rolex. Sous l’alias Benny Chen, il importait les pièces dans de petits paquets adressés à lui-même ou à des membres de gangs vietnamiens de New York qui lui faisaient ensuite parvenir la marchandise.
Le cabinet Gibney, Anthony & Flaherty LLP de New York, spécialisé dans la lutte contre la contrefaçon, assista l’Immigration and Customs Enforcement, l’Internal Revenue Service et la police des douanes et frontières dans le dossier Tran. Selon Brian Brokate, un consultant du cabinet qui a l’habitude d’intimider les vendeurs de contrefaçons sur eBay en leur réclamant des dédommagements, c’est l’un des agents de l’ICE (dont l’identité reste secrète) qui remonta la filière jusqu’à Binh Cam Tran.
Les agents saisirent 24.000 montres Rolex contrefaites dans la résidence Tran, ainsi que des machines, presses, de l’outillage (moules, décalques) et des pièces en quantité permettant de fabriquer un million de montres.
Les douaniers ont organisé cette destruction pour souligner le rôle des forces de l’ordre dans la protection de la propriété intellectuelle.
Après une traque de 2 ans, Binh Cam Tran fut finalement arrêté et jugé. Il s’est vu conramné à purger une peine de 6 ans d’emprisonnement et à verser 2.273.166 dollars US à Rolex USA.
Informations tirées de l’article A crushing day for ‘Rolex man’ par Kitty Caparella pour le Philadelphia Daily News.