Franck Muller lève une Minsk lueur d’espoir en Biélorussie
par Ze White Rabbit | Mardi 2 mars 2010 | Catégorie: Actualité, Commentaire de l'actualité | Sans commentaires »En 2003, le quotidien suisse Le Temps avait retrouvé des documents prouvant que la marque Franck Muller avait passé commande de 1500 ébauches chez la manufacture russe Poljot en 1994. Ayant nié en bloc les accusations depuis le début, M. Vartan Sirmakes avait fini par expliquer que ces 1500 ébauches servaient à étudier les produits de la concurrence. C’était une opération de relations publiques plutôt mal gérée… voir pas gérée du tout.
Le dernier article en date de Evgueni Matoussevitch , éditeur du blog WorldWatchReview.com, relaie l’information selon laquelle le Groupe Franck Muller est en passe de s’installer sur territoir biélorusse (voir résultats sur Google).
Fièreté du Bélarus, la manufacture OJSC “Luch Minsk Watch Plant” (usine de montres de Luch Minsk) passe actuellement par une période particulièrement difficile : l’exportation est en baisse, les larges stocks sont invendus et le parc industriel est détérioré. Le gouvernement biélorusse, actuel propriétaire de la manufacture, a la volonté de sauvegarder les emplois et de préserver les marques nationales Luch, BelAZ et MTZ.
En octobre 2009, le président biélorusse Alyaksandr Lukashenka annoncait que Franck Muller était disposé à promouvoir la marque Luch sur le marché international et projetait de construire son « village horloger » près de Minsk. Le président biélorusse dévoilait également que l’horloger suisse rachèterait 52% des parts deLuch et s’occuperait de gérer les 48% restés aux mains du gouvernement.
Depuis, le groupe Franck Muller aurait investi un peu moins de 7 millions d’euro en renouvellement d’outillage et dans la relocalisation à 30 kilomètres de la capitale biélorusse Minsk. En échange, Franck Muller devrait recevoir un terrain à Minsk sur lequel il pourra bâtir un centre d’affaire ou de résidence de première classe. Récemment, le PDG de OJSC Nikolay Gaevsky a officiellement confirmé que l’entreprise en difficulté est à l’étape finale des négociations avec l’horloger Suisse Franck Muller.
Parmis les collaborateurs de Luch, la rumeur court que le nouveau propriétaire prévoit de licencier « toutes les personnes âgées de plus de 35 ans ». L’éditeur Evgueni Matoussevitch relativise ces craintes, arguant qu’en octobre 2009 l’actionnaire principal de Franck Muller M. Vartan Sirmakes avait promis de maintenir les 800 postes. Il est vrai qu’avec un salaire annuel moyen de 11’600 $US un ouvrier coûte 4 fois moins cher qu’en Suisse (41’600 $US).
Si l’histoire nous apprend quelque chose, c’est que :
- Il ne faut pas prendre les affirmations de M. Sirmakes pour argent comptant (voir le retournement de veste à propos des 1500 ébauches Poljot)
- le groupe n’est pas toujours très soucieux de préserver l’emploi
- le groupe « oublie » parfois de renvoyer l’ascenseur lorsqu’il reçoit des avantages fiscaux
- l’intégration de marques au groupe a tendance à finir en queue de cerise, pour exemple Rodolphe Cattin et Martin Braun ayant tous deux abandonné le navire avec amertume
On espère donc que le gouvernement biélorusse et les 800 collaborateurs de Luch verront le ciel s’éclaircir.