Pourquoi il y a-t-il une telle différence de prix entre les versions acier et or d’une montre

C’est une question piège, puisqu’elle présuppose que le boîtier en acier et celui en or passent tous deux par le même procédé de fabrication. Or, ce dernier est principalement déterminée par la température de fusion des métaux utilisés.

Basses températures de fusion

Pour les métaux à « basse » température de fusion comme l’or (1064°C) ou l’argent (961°C), on peut avoir recours à la méthode de la cire perdue, en n’oubliant pas les retouches ultérieures. C’est un travail essentiellement manuel et il arrive parfois que l’on doive souder des éléments. Dans de telles conditions, la valeur ajoutée du travail de l’or sera évidemment plus importante que celle de l’acier.

Hautes températures de fusion

Breitling : une partie des étapes d’étampage de la carrure et de la lunette

Les métaux à haute température de fusion tels que l’acier (1538°C) ou le titane (1668°C) ne sont pas coulés mais étampés. C’est un procédé qui nécessite un moule spécifique pour chacune des quelques vingt étapes successives nécessaires à obtenir la forme finale, qui reste encore à retoucher par des méthodes robotisées et parfois manuelles.

Entre deux étampages, les pièces doivent être « cuites », c’est à dire chauffées à blanc puis laissées à refroidir pour permettre à leur structure cristalline de subir la déformation suivante sans se casser.

Explication : Si vous pliez en continu un bout de métal en avant et en arrière, il va finir par casser parce que sa structure cristalline accumule la tension pour finir par céder. Lorsque vous « cuiser » un métal, vous déchargez les éventuelles tensions cristallines et tout repart à zéro.

Vu la quantité de moules nécessaires, l’étampage ne se fait que sur plus de 500 pièces. Après 5000 pièces environs, les moules sont à refaire, mais l’investissement est largement amorti et représentera une part infime du coût de revient de chaque pièce.

Nota bene:

Pour un boîtier aux dimensions identiques, n’oublions pas que celui exécuté en or pèsera plus: l’or a effectivement une masse volumique quasiment 2,5 supérieure à celle de l’acier (19 300 kg/m3 contre 7 850 kg/m3).
Un petit secret: on essaie souvent d’alléger la construction, en laissant par exemple des cvolumes vides, pour faire des petites économies de matière.
Exemple : si vous examinez les mailles centrales de certains bracelets d’une marque très sérieuse comme Rolex, vous verrez qu’elles sont creuses (en tôle cintrée) et non massives comme sur la version acier.

Ajouter un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.