Horlogers mécontents de nouvelles augmentations ETA
By Ze White Rabbit | novembre 28th, 2008 | Category: Dissertation | No Comments »ETA bénéficie-t-elle d’une position dominante sur le marché des mouvements?
Le Temps: ETA au centre d’une enquête pour position dominante
Romandie: Swatch/La Comco ouvre une enquête préalable contre ETA (synthèse)
C’est à cette question que je trouve très rhétorique que la Commission de la concurrence (Comco) va essayer de répondre. Des horlogers se sont en effet plaints de la récente augmentation du prix de mouvements mécaniques complets sortant des manufactures ETA. Certains estiment qu’avec le boom horloger de ces dernières années ETA devrait largement avoir amorti ses investissement. D’un autre coté, les fabriques du Swatch Group disposent d’un parc industriel générant d’importants frais de roulement. En 30 ans, l’emploi a également été relancé, et la prospérité pour les entreprises hologères s’est accompagnée d’une amélioration des conditions de travail et des salaires.
Né de la fusion de l’ASUAG et la SSIH en 1983 suite aux recommandations de Hayek Engineering, la SMH a été rebaptisée Swatch Group en 1998. Le premier groupe horloger suisse (et l’un des 5 premiers mondiaux) hérita alors de la propriété intellectuelle du fleuron de l’horlogerie helvétique: Eterna (ancêtres des familles 282X et 289X), Unitas, Peseux, Valjoux et Lemania. Tous des calibres conçus avant 1980.
En presque 30 ans, les manufactures « industrielles » comme ETA ou Rolex n’ont pratiquement rien sorti de nouveau, si ce n’est le calibre 2000 ETA ou le nouveau chronographe Rolex. Depuis 1980 ETA a apporté des modifications par ici et par là pour arriver à produire en série des calibres robustes et fiables. Le 2824 a laissé la place au 2824-2. Idem pour le 2892, qui a été remplacé par le 2892-A2. Choix stratégique ou état de fait?
L’Odyssée raconte la légende de Sisyphe, condamné pour son affront aux Dieux à rouler un rocher en haut d’une colline pour le voir redescendre chaque fois qu’il atteignait le sommet.
L’élaboration d’un nouveau calibre et sa fabrication engendrant une série de défaut que l’on est condamné à résoudre. Repartir de zéro fait du concepteur un Sisyphe, puisque chaque nouveau dessin sera lui aussi bourré de défauts à compenser. On compte généralement un délai minimum de 10 ans sur un mouvement pour résoudre les principaux problèmes de conception et de fabrication.
Les petits ateliers qui conçoivent et produisent des toubillons et autres calibres à tour de bras sont dans une optique totalement différente: c’est de l’artisanat. Chaque pièce doit être ajustée à la main, et il serait inconscient d’envisager de passer à la production en série.
Dans de telles circonstances, il est évident qu’il est difficile pour le premier venu de mettre en place une structure suceptible de concurrencer ETA. On parle depuis plusieurs années des vélléités de manufacture chez Sellita (qui a commencé a fournir l’horloger italien Anonimo) et Indtech, mais le véritable problème reste le prix, qui malgré une augmentation chez ETA, reste difficile à battre.
Les horlogers n’ont pour l’instant pratiquement pas d’autre alternatives à ETA… dans la gamme de prix à laquelle ils sont habitués à traîter. L’augmentation de prix est donc une pilule dure à avaler.